(Textes en cours de réparation, désolé pour l’orthographe et la grammaire)


(Textes en cours de réparation, désolé pour l’orthographe et la grammaire)
L’un se nomme Manan et ne sera jamais ni soigné ni incinéré : ce n’est pas dans sa tradition et c’est la vie des » sans roupie « . L’autre, quant à lui, a peut-être guéri de maladies durant sa vie mais la mort n’a point de cure si ce n’est celle de l’âme. Manan me dit de lui-même avec une grande humilité qu’il n’est qu’un pauvre homme. Là où je l’ai rencontré, à côté de la grande mosquée de Nakhoda à Calcutta, personne ne l’a enfermé dans la honte : il n’est qu’un mendiant respecté parmi les siens.
À Manikarnika, nos historiens ont beau s’étaler, racontant que la première crémation connue en Inde remonte à 1900 AVJC, tout le monde sait qu’ici, cela fait 5000 ans qu’en pratiquant ce rituel sacré, le Nirvana est acquis. Je ne connais pas le nom de ce défunt qui flambe dans ce four à ciel ouvert… Son fils ainé me parle : il m’apprend que son père était un honnête professeur bien-aimé de tous. La scène est forte. A part ce foyer rugissant, les hommes sont calmes, on éprouve toujours la présence de cadavres. Un instinct prénatal nous indique la gestuelle qui s’impose.
Dans ces antichambres, chaque parole est soupesée avec gravité s’inscrivant d’elle-même dans l’éternité. Bingo ! Ils ne sont que 500 dans le monde à souffrir du syndrome de l’homme éléphant (maladie de Recklinghausen). Lui tirer le portrait de son visage bosselé m’apportera-t-il du bonheur ? Est-ce simplement un règlement de comptes avec le créateur ? Ce monstre et ce mort n’ont a priori rien en commun, si ce n’est que je vous les montre avec l’arrogance d’un « à qui mieux mieux ». Cela a-t’il du sens ? Qu’est-ce que cela peut-il vouloir cacher de moi ? Il est temps d’affirmer que l’homme qui me dit que la mort ne lui fait pas peur est à coté de ses pompes. C’est bel et bien la plus terrible des frayeurs qui soit. Je ne discute pas le fait qu’on puisse l’implorer pour stopper la souffrance !
Je voulais vous raconter une histoire bien plus personnelle, je voulais dire autre chose, une histoire meilleure qui se passerait ailleurs, plus en harmonie avec les fêtes de fin d’année. Je voulais sans doute vous montrer un ours. Mais voilà : chacun ses merdes et ses joies. La scène originale se passe en banlieue parisienne, un banal fait divers, au lendemain de Noël. J’avais passé la nuit à veiller la dépouille de mon frère gisant la tête écrasée et déformée sur le téléphone dont la ligne était coupée. Il se décomposait bruyamment, l’odeur était si collante… L’ayant découvert, je dus rester deux nuits en cage à déglutir ce mauvais gout, sans sommeil, jusqu’à ce que l’autopsie soit réglée. Il ne s’aimait plus depuis longtemps. L’isolement, le rejet et l’égoïsme étaient devenus un cercueil pétri d’orgueil. Oui je l’avais pris en photo ! Un ami voulant bien faire accompagna ma main à faire disparaitre les négatifs de ces images dans un feu de cheminée. Mon frangin avait passé 20 ans à Calcutta, il était professeur de langues. C’est dans le puissant four du père Lachaise que la crémation eut lieu. Elle fut suivie d’un lâcher de cendres quasiment poétique accompagné d’un splendide rayon de soleil. Je n’ai pas besoin d’une mémoire d’éléphant pour me remémorer chaque détail. J’ai plusieurs clichés de tranches de ma vie que je n’ai su conserver en images avec les aléas de mon temps. Seule la peinture d’un auteur pourra m’aider à restituer ces visions passées.
En attendant la toile complète, je photographie les uns les autres, chemins se faisant, avec le plus d’honnêteté possible. Avec comme prétexte ma propre souffrance en préambule. La pâte n’est donc pas le fruit du hasard mais viendrait toujours du vécu propre. Qui y a-t-il au juste derrière chaque photographe, et de quel type de photographie voudrais-je parler ? …

Carnet de route, souvenir.
Si il y a un pays ou je retournerai demain, ce serait en Inde que j’ai visité sur le tard et où je me suis rendu à plusieurs reprises…
Un Émiratie, voisin de vol, me confirme qu’il n’y a rien à voir ici puis il s’endort sur mon épaule juste avant l’atterrissage. L’avion va se poser à Bombay, au travers du hublot je vois les toitures d’un immense bidonville. Je sais que je suis au bon endroit. Les portes s’ouvrent une saveur se prononce, les vapeurs de kérosène s’estompent, la salle d’arrivée est baignée d’encens qui tentent de masquer l’odeur suave et sucrée d’un crématorium géant. La zone de brûlage juxtapose l’aéroport, les vents ce jour m’annoncent que le Coeur de cette ville, bat d’un rythme qui dépasse la démesure. Le taux d’humidité post mousson est proche de 80%, les touristes occidentaux sont absents. La chambre d’hôtel est abordable, en haute saison, il n’est pas rare de se retrouver dans un bouge hors de prix avec dans un coin de la chambre un rat gros comme un chat qui surveille dans votre sommeil; vos rêves cauchemardeux, qui tentent de digérer le surplus inconscient des visions de la journée.
Cette mégapole est une bombe qui explose démographiquement, en son centre existe le plus ancien bidonville d’Asie; Dharavi situé entre les stations de train Mahim et Sion. Les pollutions, qui émanent des micros industries, fourmillent de poisons de toutes sortes. Un matin après mon petit déjeuner partagé avec trois corbeaux, je croise ce pauvre diable complètement largué qui ressemble à l’antéchrist. Un abruti a dû lui faire boire un verre de pétrole dévastateur, il va errer comme un zombie jusqu’à ce que mort s’ensuive.. Ici tout est recyclé continuellement, cela va du coton-tige aux Os humains, vous n’allez pas croiser les cadavres des laissés-pour-compte dans les rues. Ils sont aussitôt ramassés et transformés dans des petites usines, une industrie de faux médicament générique fabriquera des pilules, avec comme fixateur chimique des excipients de moribonds, qui seront distribués via les réseaux illégaux de pharmacie en ligne.
Un autre matin après ma longue marche dans ces poubelles vivantes, je me suis posé sur la terrasse de mon hôtel à Colaba et j’ai lu le Bombay Post, deux articles m’ont frappé, l’un disait que la morgue centrale de la ville était tombé en panne et laissé à l’abandon, faute de client riche, les frigos ne fonctionnaient plus, les gaspards avaient envahi le quartier. L’autre décrivait une maladie inconnue qui avait frappé les vautours en extinction, jusque-là il y avait un accord tacite passé entre ces charognards et la communauté Parsis. Qui pratique religieusement un des plus anciens rituels funéraires consistants à faire manger les cadavres issus de cette confession par ces nobles oiseaux. Le lieu est interdit de visite, il est appelé les tours du silence et est situé au sommet du quartier riche de Malabar, les corbeaux les remplacent à cette tache sacrée avec bien moins d’efficacité, car ils font tomber de leurs becs des bouts de chair humaine dans les réservoirs d’eau potable, ceux-ci sont dorénavant bouchés par des jardins suspendus.
Faut être gonflés pour se baigner dans la mer à Bombay, tous les pauvres de la ville chient dedans chaque matin, perso, j’ai préféré tenter de noyer de mes démons dans les eaux du Ganges à Bénarès.

Il y a plusieurs façons de pénétrer les réalités du monde spirituel et des esprits. L’ascèse rustique et engagée d’un moine, d’un prêtre, d’un chargé d’âmes, d’un sage ou d’un étudiant en sciences de l’esprit, est une bonne piste. Vous régalez pas trop vite ; ce n’est pas vraiment le type de connaissance que vous pourrez vous payer à grands coups de développement dit spirituel, du style plus tu raques, plus tu seras illuminé. L’engagement comme le stipule Goethe est un bon début. De se servir de ses connaissances en se tendant vers l’altruisme est une des conditions obligatoires.Les chamans traditionnels grâce aux plantes et un train de vie clean sont à l’aise avec ces autres mondes; leur but étant de soigner les leurs. Je ne parle pas du tourisme psychédélique, des toxicomanes actifs, ni d’une éventuelle rencontre avec Flash Gordon ou des Jedis, faites gaffe y en a beaucoup qui sont restés collés du plafond.Certaines maladies psychiatriques, avec des causes organiques subtiles font vivre à des personnes qui ne l’ont pas choisi de terribles mésaventures où l’esprit et le corps sont en grande souffrance. S’ils sont accompagnés durant leur évolution des grandes étapes de la vie par des personnes ayant elles-même bénéficié d’enseignement et d’initiation solide, ils vivront. Les autres s’ils survivent finiront leurs jours sous camisole chimique à l’HP. Le reste souvent n’est que philosophie, poésie et interprétation douteuse, à la petite semaine. Ce que mon Oeil peut voir en temps normal, c’est toute la richesse de l’univers, la vie est déjà magique et incroyable en soi. Certains pourtant auront besoin de comprendre comment fonctionne ce cosmos, d’où ils viennent, qui ils sont et que se passe-t’il après la mort. Les réponses vertigineuses leur seront données. À Manikarnika, le centre mythique et mystique de Vârânasî, la plus vieille ville habitée du monde où les bases de grandes religions ont été écrites.Un soir d’été, au centre du bûcher principal, ce vieux professeur dont je vous parlais l’autre nuit, brûle. Il semblerait que ces tourbillons de fumée et feux follets pourraient ressembler aux mouvements possibles et imaginaires du visage des esprits, qui se seraient imprimés dans la boîte noire en « pose » lente. Cette dame âgée, assise sur le trottoir où elle vit à Bombay, me rappelle que la vie est triste, je ne sais pas à quoi elle rêve, ni ce qu’elle voit. Elle partage sa nourriture avec un corbeau, en fait je crois qu’elle attend la mort.

Manikarnika / Bombay
Encore un mort dont on prend soin avec ferveur et la souffrance d’un homme comblé de malheur. Ce n’est pas vraiment important de savoir si le noir et blanc sont des couleurs.La palette des gris est riche en profondeur et ça limite l’horreur. À Manikarnika, lorsque le Ganges a bénéficié des eaux de pluies de mousson puis de la fonte estivale des glaces en Himalaya, le fleuve débite toute sa puissance. Il réduit l’espace où deux cents corps seront quotidiennement brulés. Cette promiscuité rend ce lieu, bien plus chaleureux. Babu un jeune de dix-sept ans me raconte que sa mère a été incinérée ici lorsqu’il avait onze ans, depuis ce jour, il fait partie du clan.Les temples des rives de la cité sont complètement immergés plusieurs mois par an. Le feu qui ne s’éteint jamais n’est donc pas celui qu’on vous montre d’une façon rassurante. Un soir Madan, que je suis partout et qui possède toutes les clefs du site, nous fait traverser, une grotte encavée à flanc de colline où se trouve la sauvegarde principale de cette flamme éternelle. Les hindous s’intéressent à leur propre histoire d’une façon très différente de la nôtre, ils sont bien trop occupés à rembourser aux dieux leur viscérale dette karmique.La vache mythique et bénite, à coup de bouse, enrichit les sols et fournit le lait durant de son passage sur terre. On sait bien ici que ce sont les Anglais qui ont tiré les premiers, leur point de vue sur l’histoire n’est que rationnel, chez eux il reste de spirituel le foot, la saucisse et la reine. J’en vois passer à la pelle des conneries sur les bovins qui détruiront soi-disant la planète en pétant du méthane et dont le nectar serait du poison !La sentence comme quoi c’est scientifique me fait halluciner. Quand t’entend dans ta caisse, coincé dans les bouchons industriels à la périphérie des villes plombées d’un truc quasi radioactif, le mec de la météo qui se gaufre sur les ondes en confondant brume matinale et pic de pollution. Moi je te dis que dans 50 ans ta trouvaille sera une légende et qu’il faut arrêter net de mettre des hublots sur Marguerite et que comme d’hab, si tu n’a rien à dire que je ne sais déjà ce serait bien que tu mouftes pas. C’est agréable de faire de longue tirade sous des photographies, le noir est blanc attire l’œil et le cerveau d’un coup d’un seul. Pourtant nous ne voyons pas, ne rêvons pas et ne pensons pas en Black & White c’est une tromperie que vous allez pourtant savourer.Ce type que j’ai approché au grand angle a une vie de merde.Je ne connais pas son prénom, la lèpre l’empêche de parler. S’est-il pété la face au gaz butane, lui a-t-on renversé de l’acide de batterie dessus ou tout ça et bien plus encore à la fois. Ici les êtres défigurés ne se cachent pas, en effet me dira-t-on d’une réplique tout faite- être mendiant là-bas c’est un métier ! Bah, alors voilà, ce jour-là j’ai eu la chance de rencontrer l’employé du mois. Je ne sais toujours pas ce qu’il pense, certes il sera nourri et sucera des chappattis. Il gagne maximum 10 roupies par jour, je regarde dans deux secondes le cours de la bourse et on fera les comptes.Tout ça fait beaucoup de violence d’un coup, je me rappelle que j’avais pris une prune de 250 roupies à 250 mètres de là parce que je fumais une clope dans la rue, aux abords d’un édifice religieux très somptueux, la mosquée Haji Ali Dargah.5 euros là-bas c’est énorme et ça peut créer un ameutement, 10 roupies, personne ne bouge.(ps) y a un type en maillot de bain au milieu des bûchers..



« Turban People »
Cela faisait quatre jours que j’allais chaque matin et pour toute la journée tourner dans le bons sens autour du somptueux Temple d’Or d’Amritsar tel un pèlerin confirmé. Depuis que j’ai pris goût à voyager en Inde, je me lève bien avant l’aube. Ma jambe se dresse d’un coup et retombe au saut du lit ; c’est nouveau et cela me surprend ! Ce premier geste me sortant de la nuit me semble fantôme et me rappelle la posture d’un conducteur de rickshaw enjambant sa bicyclette. Un sage vivant en pleine forêt amazonienne rencontré au Pérou lors d’une retraite et d’une purge me confirmait que les deux pays les plus chargés en spiritualité était Madagascar et l’Inde. Il est donc de mise, lorsque l’on dépasse la simple quête touristique, d’être en paix avec les dieux pour ne pas subir de déconvenance avec les esprits. Mais qui est véritablement étanche aux royaumes des esprits ? Alors je me suis laissé dire que j’étais parasité par un rickshaw, pas si grave que ça et ne nécessitant ni thérapie ni exorcisme…Beaucoup de voyageurs pètent littéralement un plomb en Inde ; il y a même des cellules de crise psychologique dans les aéroports internationaux. C’est la curiosité qui me fait retourner en Inde et me fait marcher des heures durant avant le lever et après le coucher de soleil. Lorsque j’arrive dans une ville, je m’achète la très pratique carte locale ; j’irai visiter tous les monuments, les temples et les sites mais en dehors des horaires habituels des touristes. En fait c’est la lumière du photographe, la même que celle du peintre qui décide de « où et quand » je dois être… Alors, je la suis intuitivement. histoire de sublimer en image les rencontres et les découvertes du jour. Je vais tout voir : les bidonvilles, les mouroirs, les temples, les marchés. Je porte des pantalons longs, une chemise, des baskets et les cheveux courts, ne consomme ni alcool ni drogue, ne m ‘intéresse ni aux filles ni au business. Je mange quand j’ai faim et fais l’aumône assez souvent comme tout le monde ici d’ailleurs. Cela ne semble sans doute pas très excitant, mais c’est la convenance nécessaire et la bienséance de rigueur qu’il me paraît indispensable pour se permettre de photographier la vie des gens. Ce matin là, j’avais besoin d’entendre la cacophonie des cloches d’un temple hindouiste et de quitter quelques moments les « Turban People » du centre d’Amritsar. Alors, j’ai pris un touktouk puis j ‘ai marché comme d’hab et en allant boire un chaï avec les hommes qui se lèvent, j ‘ai pris en photo ce conducteur de rickshaw. Plus tard en faisant le tri dans mes images, je me suis dit que ce portrait mériterait d’être exposé. Alors, on a fait un tirage et je ne sais plus qui m’a dit : » on dirait Raspoutine ! «
Amritsar 2010

Varansi people
Cette photographie peut susciter l’envie de parler du voile que portent les femmes brimées dans des conditions religieuses et archaïques. Mais ce jour là, à Bénarès, cette présence m’est apparue telle un fantôme au travers de la foule colorée des Indiens où le voile islamique porté sur place ne ressemble pas du tout à ce que cette femme a revêtu. Je l’ai vu entrer dans une pharmacie et en ressortir un peu comme rasant les murs… Ce voile complet ne m‘a pas semblé être un accoutrement religieux avant tout, mais plus une façon de masquer sans doute un problème que je suppose d’origine médicale, une maladie de peau, un délit de sale gueule, une difformités peu banale . J’en ai vu et croisé des hommes et des femmes défigurés par la lèpre et la peste ainsi que d’innombrables problèmes de peau,. J’ai d’ailleurs tiré le portrait d’un mendiant de Calcutta qui souffre du syndrome rare de l’homme éléphant, devant la plus vielle mosquée de cette ville où il mendie. La société indienne ne cache pas ses monstres et d’ailleurs ceux qui souffrent de ce type de difformités ne semblent pas souffrir ni de honte ni de culpabilité et vivent la rue au quotidien, alors que dans bien des sociétés occidentales ces personnes ne se montrent pas. Alors, devant l’émotion de souffrance volontairement cachée que cette femme m’a laissée dans cette rue animée, je suis quasiment certain que le visage de cette personne n’était pas montrable.

Lorsque la colère sera changée en amour, la honte transformée en espoir, la peur métamorphosée en foi. À notre droite, côtoie la peur ; à notre gauche la honte ; la colère précède nos jugements moraux. Tapie au plus profond de notre inconscient, l’angoisse remplit aussi les profondeurs de l’âme. Voilà les quatre principales émotions, qui accompagnent chacun d’entre nous tout au long de la vie terrestre. J’ai beau vous dire cela, il est prudent de se demander à quel point je suis perché, si je marche sur l’eau et si j’en bois assez. Qu’est-ce que cela vient foutre là, à qui cela s’adresse-t-il ? Et qu’est-ce qu’on va bien pouvoir en faire et d’où je tiens cela ? La colère est donc là pour me protéger, m’avertir d’une injustice. Elle me sert à poser des limites. Oui, je suis chaud brûlant et je vais te dire à présent, quel est mon avis avant que tu me le demandes. J’y vais mollement, tout ça est bien longuet, le premier lecteur s’est à présent écarté, on zappe à «donf». L’époque est moche, j’ai un besoin irrépressible de te le dire. Ce coup de gueule ne s’adresse pas uniquement à une élite d’abonnés. Fais gaffe, mine de rien c’est le moment, d’avoir des yeux dans le dos et les oreilles en diagonale. Ne colporte jamais le message d’un suicidé, ce serait comme des aveux obtenus sous la torture. Essaye plutôt de recueillir les dernières paroles du mourant avant que ses yeux ne se vitrifient, sa vérité sera recevable par l’homme de loi et de foi.(à suivre)

Albert, je le connais plus qu’il ne se souvient de lui-même ! J’avais 14 ans, nous étions dans la même classe et on avait fumé un pétard ensemble. Je l’avais recroisé ilot Chalon à 17 ans: il faisait la manche… Il chausse du 46, j’te l ‘jure ! J’étais ligne 10 en direction d’Austerlitz, je l’ai vu sur l’autre quai à Cardinal Lemoine, demi-tour. Je me suis assis à côté de lui. Il était pieds nus, j’ai mis deux jours pour lui trouver sa pointure. Nous n’avons pas beaucoup parlé ce soir-là, je lui ai partagé mes cigarettes et lui ai demandé si je pouvais le prendre en photo ; il m’a dit : « je ne suis pas intéressé », je lui dis : « c’est pour l’histoire ». Là, il a accepté.Je reprends le dernier métro pour chez moi ; j’arrête ma soirée photo. Assis dans le wagon, tout un film se déroule Je me rappelle le gamin qu’il était à l’école : les prises de tête qu’il se cognait avec la prof de maths, une bagarre incroyable : il s’essoufflait en reculant tout en mettant des énormes pêches à un autre gosse esquinté psychiquement, qui encaissait tout souriant tout en avançant pour l’étrangler. C’était une école spéciale du type Steiner mais pour gamins qui ne pouvaient plus supporter, sans conflit, le collège public. Perso j’ai fait 9 écoles en 9 ans de scolarité, sans pour autant avoir déménagé. Puis J’ai continué mon chemin dans les foyers de la DASS de l’époque. À 16 ans, je disais au revoir à mon juge pour enfants, un black, bègue, qui se nommait Moïse. Je venais de trouver un job de groom, au Ritz de Paris…. En maraudant avec l’équipe du réseau social de la Ratp, avec Stéphane et Mohammed du groupe Oscar XIV, lors du tournage d’Au Bord du Monde, je leur montrais mes photographies des personnes rencontrées dans le métro : »le bouc » !, le surnom que ces anges de la nuit lui avaient refourgué ; l’odeur chez certains est parfois saisissante.Un soir, j’avais 7/8 ans, j’avais fait le mur de ma chambre pour aller dormir dans les caves de l’immeuble. Au petit matin je m’étais réveillé. Mohamed, le balayeur et homme de ménage de la résidence m’avait mis un oreiller, une couverture et une orange avec un verre d’eau fraiche. C’est sans doute en partie pour cela, que plus tard, j’ai décidé de témoigner des histoires de sans toit stable. Les clochards se cachent pour aller mourir ! Souvent, sur la fin, ils viennent dans les structures, comme ici au cash de Nanterre, et disent à leur médecin : « ça y est docteur je quitte la rue. » Le praticien sourit et se garde bien de lui dire qu’il est sûr à 80% que ce type a vraiment chopé la grosse merde qui l’emportera peut-être très rapidement. Entre la maison de retraite pour indigents et le centre d’accueil pour sans abri de l’ancienne Maison de Nanterre. Il y a des longs couloirs tristes où pourtant les hommes et les femmes semblent sereins, dans l’attente de passer l’une des portes qui mènent vers le long couloir des soins palliatifs. Je ne me souviens plus du prénom de ce titi parisien, je crois que c’est Serge. J’espère que David qui bosse au Chapsa pourra me le dire…

En fait j ‘ai un truc à dire, un gros ressentiment en travers de la gorge, qui a le gout et l’horreur de la grotte, de mon pote Henri. Depuis quelques temps je rebalance gratos des images sur mes amis les clodos. Dans le lot il y a des perles, je sais c ‘est pas sympa en période de Nöel. Je cherche ici un truc que je n’ai pas encore trouvé, avec mes « amis Facebook ». Je regarde qui like, qui partage, qui s’abstient. Et je juge en permanence vos posts qu’ils soient brillants ou nazes. Je sais bien que vous êtes occupés avec les élections, les attentats, Candy Crush et la taille de votre bite et des conséquences absurdes qui en découlent. Et ça fait longtemps que je vous fais chier avec ce sujet. Et c ‘est pourtant grâce à ce média, que j ‘ai pu tourner, l‘image du film « Au Bord du Monde »et me faire aider financièrement sur plein de projets. J‘ai toujours ce putain de truc à dire et j ‘ai besoin de vous, de cette audience… Je cherche le buzz et j’insiste comme un sale gosse, afin que vous partagiez, mes publications le plus possible. Il me restera bien quelques photos prises sans trop de merde dans les yeux afin que je vous raconte cette situation nauséabonde étroitement liée à l’implacable loi du karma. Je poste et libère le crachoir, affectueusement aux uns, tendrement aux autres.
C‘est une régression à l’âge des cavernes qui se déroule sous l’Arc de triomphe de Paris. Sous la plus belle avenue du monde, dans ce long tunnel qui traverse l’avenue des Champs-Élysées jusqu’à celle de la Grande Armée, c’est un lieu sans lumière et sans eau, des plus sordides et ténébreux qui soit. C’est là que vit Henri, complètement démuni et depuis plus de 30 ans, dans le bruit, la poussière des moteurs et des freins. L’endroit est lugubre et infernal, d’une insalubrité rare, l’odeur y est insoutenable. Ce tunnel semble être l’antichambre de la mort. L’allure de ce personnage est biblique. Il ne possède rien, aucune affaire et d’ailleurs je crois qu’il n’en veut pas vraiment. Il passe ses journées et ses nuits, jonché à même le sol, vivant quasiment nu devant son créateur et, pour ainsi dire, dans ses excréments. La nuit, il sort fouiller dans les poubelles en quête de nourriture. Cet homme d’origine libanaise qui aujourd’hui va pieds nus était couturier. Il a quitté son pays entre 1984 et 1985. Il ne parle quasiment plus et n’a plus vraiment la notion du temps qui passe. Il me dit qu’il a 43 ans et qu’il est né en 1959. Quelque chose ne colle pas, en plus des centaines d’excréments tout autour de sa couche, de ses pieds esquintés qu’il me montre. Sait-il qu’il témoigne ? Il semble conscient de son état et ne demande rien. Malgré sa terrible pauvreté, Henri est un clochard lumineux de gentillesse. Ce sont des retrouvailles en fait. J’avais rencontré Henri l’hiver dernier, il y a un an tout juste, avenue Marceau, le trouvant déjà presque nu sur une grille d’aération servant de séchoir et de chauffage. Son histoire est connue jusqu’à Nanterre. L’un des médecins associé à la fondation du Samusocial (92) me l’avait décrit mais je n’avais pas fait le rapprochement à l’époque avec cet homme que j’avais croisé. Puis, je l’ai perdu de vue. Ce soir, je l’ai retrouvé dans la nuit, en haut des Champs-Elysées. Nous nous sommes reconnus. Cet homme est l’un des sans-abris parisiens rencontrés qui fait sans doute partie du « Top Ten » de la grande précarité, tant son état de clochardisation est avancé.Devant ces scènes de tréfonds, je me demande ce qui se joue humainement parlant pour cet homme ayant sans doute perdu la raison et souffrant d’une immense misère. – Lien Audio :https://soundcloud.com/sylvangui/henri-le-jour-comme-la-nuit-illumine

Jésus le Iatrogène
Ici métro cité, provenance rue des Boulets. Je vous le dis en vérité… Le message de Pâques aux clampins.

2009-2016
Dans le milieu du social en 2011, si je prononçais «les Roms», on me rétorquait séance tenante : « c’est des réseaux ! ». Discussion close. Vise le job ! Même sur les Champs-Élysées, « c’est pas bien payé ! » Pourtant à un moment, il n’y a plus que ça pour survivre. Si je passe ce soir à l’improviste, elle ou son ombre est encore là. Alors j’ai continué de photographier cette misère de la sorte, puis je l’ai filmé de la même manière, intuitive… Afin qu’elle soit accessible au plus grand nombre, ni trop laide ni trop belle… Après cela, j’ai rencontré la majorité des acteurs sociaux qui bricolent sur le terrain. L’Etat, l’Eglise, des grandes associations, des petites, et ceux qui œuvrent dans le silence sans faire de bruit.J’ai rencontré aussi les marchands de sommeil véreux qui exploitent cette misère ou qui se la racontent « Bon Samaritain ». L’homme est une hyène pour l’homme. J’ai vu le pire de près, le faux 115 du particulier et ouï dire de tous ceux et celles qui ont baigné à l’édification de cette odieuse arnaque dirigée par un abominable capot despote. Cet endroit ne durera pas, il ne peut en être ainsi. Je n’aurai eu de cesse ces derniers mois de demander à ces personnes autrefois impliquées et perverties de nous aider à dénoncer cela. Pire que le mal lui-même, il y a ceux qui laissent faire sans rien dire, se cachant sous un monticule de prétextes plus tordus et noueux que la branche pourrie elle-même.La pauvreté et la misère attirent les faux prophètes comme les colonies de vacances les pédophiles. Oui, en ce moment j’ai l’impression de goûter à notre histoire de France de l’époque des collabos. Où sont les justes ? Lezer, photographe et bûcheron retraité !

Eté 2012
« Grande exclusion »
De tous temps il y a eu et il y aura des humains vivant en complète marge du système, c’est pas un scoop. Dehors, dans les rues de Paris, l’été 2012, je comptais, à force d’arpenter tous les carrefours de la capitale chaque nuit, une dizaine de milliers d’âmes errantes. Dans le lot de ces rencontres nocturnes, j‘ai rencontré ceux que la société décrit et nomme les exclus. Qui rassemble, sans être exhaustif, une fourchette très large d’individus comprenant des itinérants, des vagabonds, chez qui l’étiquette de sans domicile fixe prend du sens, ainsi que des pauvres complètement sédentarisés dans une misère pouvant aller jusqu’à l’état de clochardisation avancé. Des personnes qui ont élu domicile dans les rues, sur des talus, dans des trous, dans des tunnels, sous des ponts ou en plein carrefour, au fond d’un couloir de métro, le long d’une voie rapide et qui survivent des miettes et des poubelles de la société.Certains survivent de mendicité, d’autres n’ont pas ou plus cette force et ne demandent plus rien. La condition de certains est si terrible, choquante et bouleversante qu’il a été nécessaire au gré des décennies d’envoyer sur place des professionnels et de fabriquer des structures d’accueil. Pour tenter d’empêcher une non assistance à personne en danger et offrir des mesures d’accompagnements sociaux médicales pour des personnes qui, pour une infinitude de causes et de raisons , se retrouvent à ne pas pouvoir s’adapter et vivre, sans le soutien de leur prochain, dans les normes d’une société emplie de contingences telle que nous la connaissons. Ces populations de sans toit fixe soulèvent un tas de questions philosophiques et humanitaires. L’Etat, l’Église et les grandes associations oeuvrent sur le terrain. Cette misère est et sera secourue. Victor Hugo la voulait supprimée, l’intention est noble mais la réalité est toute autre. Un grand médecin « Clodologue » fondateur du Samusocial (92) et médecin chef du tristement célèbre CHAPSA de Nanterre, qui connait ses patients par le menu, qui par centaines viennent passer la nuit dans cet hôpital et parfois restent à la maison de retraite pour clochard, ceux qui après des dizaines, voire une vie entière passée dehors dans des conditions extrêmes et qui enfin montent dans le camion direction la demande d’aide et de soins, ceux-là même qui ont commencé à se dégrader et dont l’appellation clochard relève plus aujourd’hui de la pathologie qu’un terme péjoratif. Le Dr Jacques Hassin me disait: Y a t’il un tronc commun qui définirait qu’un jour certains d‘entre nous finiront dans un laisser aller des plus total, comme mué par un destin commun écrit il y a fort longtemps , sans doute dans les abandons de la petite enfance. Ce serait le manque !? le manque de tout, bien plus fort que celui du voisin. On ne fabrique pas une Jeni ou un Henri* sous le coup de la perte d’un emploi , d’une rupture amoureuse ou d’un loyer de retard ou comme disait le docteur Patrick Henry : » Parce qu’un jour, en rentrant chez moi, j‘ai trouvé un autre homme dans le lit avec ma femme, alors j ‘ai connu la descente aux enfers et j‘ai fini sous un pont ! » Si c’était le cas, il y aurait des foules immenses vivant dans les poubelles d’Île-de-France… L’autre docteur, Jacques H me posa ainsi la colle : – Qui était les deux premiers SDF ? : – Adam et Ève…
Pourtant, dès l’été 2012, là-dehors, le décor à la Zola déjà se transformait ; la paupérisation gagnant du terrain, amenant des hommes et des femmes aux souliers cirés travaillent le jour, survivant dans des difficultés croissantes dans des accueils d’urgence ,de plus en plus saturés, dormant dans une voiture, luttant pour se sortir de cette mauvaise passe implacable, de plus en plus pauvre avec des aides sociales bien précaires, se nourrissant à la cloche. La crise économique et sociale annonçant sans doute la grande crise.Alors tout le monde a parlé de chiffres et de pourcentages à la hausse. Aux dernières nouvelles, j ‘ai appris qu’il y a en fait une volonté politique de fermer « la maison de Nanterre »…. Le lieu même où la première consultation officielle de l’assistance publique et Européenne auprès d’un laissé pour compte , avait été donné au début des années 80 par un jeune médecin, lui aussi devenant le de pilier de la fondation du Samusocial, le Dr Patrick Henry qui dirige aujourd’hui le recueil social de la RATP et qui depuis longtemps s’occupe de ramener à la lumière les habitants du métro. Alors bon, que penser ? En fermant cette structure mythique qui sans doute ne rapporte pas grand chose question pognon, l ‘État a-t’il eu une idée absolument géniale et ça va être super… ou cela prend-il une tournure des plus inhumaines.. Que vont devenir les 300 habitués du CASH qui grimpait dans les bus de la RATP, la brigade des gris, pour aller dormir à l‘abri plus ou moins très régulièrement. Ce bus qui emmène chaque jour les grands perdus, victimes de la très grande précarité, rien de luxueux et c’est bien le minimum que la société française se doive de faire auprès de cette population très abîmée qui prend refuge, éprouvée par la rudesse de la rue.Puis, voila les migrants ! Les grands reporters nous avaient déjà prévenus et la Presse a, par chez nous, commencé a s’intéresser à ce phénomène depuis la catastrophe de Lampedusa et ces cortèges de drames et de naufrages annonçant une ère nouvelle très sombre, une régression dans du déjà vu ? En tous cas, une page et un chapitre sordides de notre histoire à tous ..
J’ai arrêté, un temps, de photographier cette misère que je cherchais à immortaliser et a dénoncer le jour où j‘ai participé au chef d’oeuvre du film de Claus Drexel, faisant l’image de ce film : « Au bord du Monde » sorti en janvier 2014, qui me semble dépeindre au plus juste la triste réalité de la grande exclusion, marquant comme la fin d’une époque en décrivant et dévoilant intimement un regard profond sur l’ensemble de notre société; donnée et transmise en confiance par la parole authentique et innocente de ceux qui sont les plus en marge et qui, finalement assis au premier rang, nous regardent dériver dans une société qui protège de moins en moins. Bon, il y a ceux qui n’ont pas vu ce film, qu’ils le fassent ! C’est de nous qu’il s’agit et ce monde qui déjà change, partant vers un avenir douteux ou dérivant vers quelconques régressions.


Dashashwamedh Ghat
Spiritu sancti
L’autre jour, il y a une dizaine d’années, j’avais lu un bouquin formidable, traitant de la psychiatrie et de l’antipsychiatrie. Je l’ai prêté ou paumé lors d’un déménagement. Hier je l’ai cherché en vain. Il coûte 8$ sur l’Internet. C’est un must. Je vais tenter de reformuler ce que j’en avais compris et voir où cela me mène… Il y aurait trois voies principales pour découvrir les réalités du monde spirituel. L’une d’entre elles étant le travail ascétique du moine ou de son équivalent, en tout cas de celui qui se met en route à la recherche du divin, de l’origine du cosmos, du sens de la vie, de la connaissance et du savoir, de l’amour et de la confiance etc… et qui par un travail assidu, arrivera à découvrir avec ou sans maitre les mondes et les royaumes des esprits, des âmes, l’univers des dieux, la théologie, la théosophie… Et cela est accessible à tous, à partir du moment où la personne le décide et en éprouve le besoin. Nul besoin de savoir lire et écrire, d’appartenir à tel caste ou telle religion ou mouvement philosophique. Depuis la nuit des temps, des hommes cherchent et disent avoir trouvé, sans pour autant avoir le besoin de vous le prouver autrement qu’en vous invitant vous-même à emprunter ces chemins multiples et infiniment variés qui peuvent vous amener à répondre aux nombreuses questions que les croyants et les non croyants peuvent se poser à un moment de leur vie. Ce type de voie exige toutefois et afin de porter ses fruits un grand nombre d’engagements dans le quotidien et est à considérer comme un véritable travail sur soi. L’âme et l’esprit vont porter attention, grâce à l ‘exercice, à faire germer, avec de plus en plus d’exactitude possible, la vision de ces mondes invisibles et improbables aux profanes..Une autre de ces voies est l’usage de substances modifiant la conscience, que les chamans du monde entier utilisent depuis des millénaires, pour les besoins de la communauté. Il s’agit là, à nouveau, de travaux ascétiques oscillant entre initiation, vision et sagesse. Où les hommes prennent ces substances en rituel sacré amenant à ce que l ‘on appelle des régressions et où certains sens sont modifiés physiquement et psychiquement. Le chaman est considéré comme un sage et fait le bon usage et la bonne manipulation de certains poisons comme le médecin de la sécu le fait par ailleurs. Le mot pharmaco vient du mot poison, le remède souvent en est un mais le voici donné à la bonne dose…Le psychiatre lui aussi est médecin de l ‘âme. Nous ne pouvons balayer du revers de la main ces milliers d’années d’études empiriques et traditionnelles, les médecines autres que celles qui ont pignon sur rue (et qui s’appelle l’allopathie) sont et seront toujours liées à l’évolution de l‘Homme. Au temps de l’ Égypte ancienne, l’on soignait l‘homme par l’esprit et non par le physique en utilisant en rituel l’ergot de seigle ( LSD moderne). Oui, Moïse en descendant de la montagne était pété, sous acide. On ne peut ignorer non plus l’Ayahuasca du Pérou et le bon usage du tabac, les peyotls, la mescaline et autres champignons mexicains ainsi que les potions des druides – mandragore, belladone et datura et l’ iboga africain.Sans oublier que le livre des secrets d’Hippocrate, père de la santé moderne, est un livre de recettes de cuisine. Souvent, ces substances, autrement que dans le but de soigner la communauté, amènent à des connaissances et des franchissements du seuil du monde spirituel, des visions et en tous cas un voyage garanti dans des sphères du cerveau habituellement inaccessibles… Les chamans ont des vies très saines et sont réglés comme des poules. Une autre voie est celle de la maladie qu’elle soit physique ou psychique ou les deux. Le drogué lui aussi utilise des substances psychédéliques maladivement, comme les chamans, mais le faisant n’importe comment, il se retrouve dans la transgression. Ses voyages, au lieu de l’ emmener vers quelque libération imaginaire, finissent par l’enfermer dans la régression et, selon la dope utilisée, le conduisent à ras-de-terre ou perché, au point de finir à l’asile, souffrant de délires mystiques. Petit joint du matin ne devie pas le pèlerin ?. Certaines maladies dites psychiques, entrainent des visions hallucinatoires de toutes sortes. L’esprit se barre à droite à gauche et on ne sait pas bien où. Le malade n’a absolument pas la maitrise et il n’en résulte bien souvent que de la souffrance . La maladie avec des causes physiques et organiques, elle aussi, va pouvoir entraîner des suractivations pathologiques du pôle psychique. On le voit bien en pneumologie avec le capnique… Dans les deux précédents domaines, on parle de la recherche d’une maîtrise plus ou moins consciente, alors que dans le domaine de la maladie, la personne n’a aucune maitrise de ces incursions dans des mondes autres qu’il traverse involontairement. Hé, bah voilà ma petite balade du soir, je ne suis pas certain qu’en achetant le bouquin dont je vous parlais,vous y trouviez autant de sornettes que ce qui vient d’être écrit, je me relirai plus tard. Ah oui ! je me souviens : il n’y a que deux choses dans le cosmos : c’est l’amour et la lumière. Ça fait dix mille ans qu’on vous le dit. La science avance et bientôt la science de la sécu , celle qui a pignon sur rue et qui actuellement est sortie du fondamentalisme et ne se retrouve que dans l’industriel, bientôt, rejoindra à fond les croyances dont on vous parle lorsque l’on parle d’amour et de lumière avec enthousiasme (in théos). La lumière, ils ont enfin trouvé : tout ce qui est matière physique est lumière. On n’est pas loin de comprendre que tout ce qui est psychique est à la base une volonté de vie immatérielle qui se nomme au sens le plus large possible, afin de comprendre, l’intention originelle de l’amour pur, de celui qui précède simplement à la réalité physique… Avant la poule et l’œuf, il y avait l’intention créatrice. Le verbe se fit chair, l’esprit précède toujours la pagaille qui en découle , Alléluia. Trainez pas trop au rayon ésotérique de la Fnac et bon dimanche…

Mêmes les photographes ont une mère ! Calcutta 2010

Kedar Ghat – Varanasi – 2009.
Premier boitier numérique Clux III
Kedar Ghat
Cela m’a fait du bien de ressortir cette image, prise en Nov 2009 à Bénarès.
Photographie prise avec mon premier boitier numérique qui n’est plus z’en vente depuis 2010, un tout petit Leica Clux3 de 10 millions pixels moins grand qu’un Iphone.
De ça on s’en fout, la flamme de Varanasi ne s’est jamais éteinte.
De regarder cette peinture m’apaise et me laisse rentrer dans les rêves et les songes..
C’est mon endroit préféré de Varanasi, une ville qui m’a complètement envouté, de tous ses innombrables charmes. J’espère m’y rendre à nouveau, histoire d’assister à nouveau au coin du feu à ses grillades si chargées de dévotions. Tous là bas et d’ailleurs, se savent à l’endroit de libération, sous l’oeil contemplatif et bienveillant de la caste impur mais vénéré des Doms. L’Inde a donc tué la mort. « Ram nam satya hei, »
Bénarès purifie tout ce qui entre en son sein, les crématoires situés en périphérie des villes en raison de leur impureté, se trouvent, à Kashi, en plein cœur de la cité.
Alors ce matin, 10 ans après, j’écoute ça: https://www.youtube.com/watch?v=4rURry0UFB8

écrit il y a 10 ans, t’étais où ? Hot !?! ouais i fait chaud : température à l ombre entre 37 et 40°… Je suis à BOMBAY. C’est ce building qui entre-autres m’avait donné l’envie de venir dans cette ville. L’humidité y est à 80% ; ce n’est pas la saison des touristes ni des festivals. Lorsque l’on parle de tourisme en Inde, c’est les pèlerinages en fait. Il y a bien entendu une petite masse de voyageurs occidentaux qui se cantonnent souvent dans une rue dédiée à ça dans chaque ville… II suffit de faire 100 m à pinces et on n’en croise plus ! Il m’est arrivé de marcher des journées entières sans en croiser et vous avez beau les croiser avec un sourire, les gens ne vous calculent pas… comme dans notre métro, les occidentaux qui se parlent entre eux en Inde sont ceux qui se retrouvent dans des bungalows en bord de plage et prêts à socialiser. Ici dans les rues, c’est moyen, même si vous faites l’effort de… je rentre le soir dans des cybercafés. FaceBook bat son plein. Je dis bonjour… La réponse est rare !!! je suis assez sociable et fais souvent l’avance de la parole, c’est ma nature, je sais dire oui et non, m’y tenir et renégocier mon jugement. Ce que la communication virtuelle a appporté a enlevé aussi beaucoup de mon temps (le vieux con) héhé… pour prendre un bus ou trouver un hotel fallait à tout prix des infos… Là, les gens n’ont plus besoin les uns des autres jusqu’à ce que ???? Fermer ma gueule et fermer tout court je sais faire… Demander aussi… Tant mieux je ne suis pas venu ici pour rencontrer des Blancs. Cela peut arriver et c’est chouette mais ceux qui m’intéressent, c’est les autres et MOI parmi eux. J’ai retrouvé en Inde mes marques de voyageur : je ne prépare pas grand-chose, j’y vais, je trouve un hôtel sans chercher et je vais tout voir ! Je marche toujours plus que prévu… Là où je croyais qu’il y allait avoir quelque chose, je me retrouve parfois sur une avenue qui mène je ne sais où… Je me dirige vers les temples etc… J’achète un plan local, je les trouve super ceux d Inde … Je discutais avec un pote qui me disait : celui qui veut voir autre chose doit aller en Inde !! Il se souvenait de son voyage sac à dos à Benares. Moi j ai passé l âge du sac à dos : je voyage ultra léger avec un p’tit sac de cabine à roulettes, je garde toujours un truc propre pour l’avion et la douane ou, si je suis invité au polo club du Lyon’s, ce qui n’est jamais arrivé ,,,hahahhaaa ,,, Je trouve tout sur place mon petit sac est vide lorsque j’arrive, jsuis pas un bon client tapis ,,,, J’ai un projet sujet de fond : une histoire que je veux raconter sur les gens qui en chient et ceux qui les aident , mon idée bien précise, mon sujet de fond, la belle histoire. Cela fait trois fois que je viens aux Indes… (Ça se dit plus ça fait colon). J’ai l’impression de ne pas avoir commencé ou du moins c’est plus complexe car il y a beaucoup de monde ici et cela met plus de temps dans sa réalisation… mais je sais que j’avance. L’autre matin, j’appelais avec un payphone un Hollyman local pour approfondir ma quête ; nos dates ne convenaient pas et c’était très beau de l’entendre dire : « next time will be the wright time for us too meet each other… ». La rencontre ne s’est pas faite ; je retournerai donc, sans à nouveau vraiment savoir où je vais rencontrer ceux que je cherche. Pour tèmoigner de ce qui me parait magnifique … Et en chemin m’arrêterai à nouveau avec ceux qui dans la survie font preuve de foi, et d humilitè et qui souvent ont des tronches pas possibles et où je me dis « pitain ça existe ! » Certain ici m’ont touché en vrai. Je me suis inquiété pour eux, certain m’ont aussi rassuré comme cet ange aux ailes dans le dos me rappelant juste : « That’s life ! » Oui, j’oubliais : la vie est dure ici comme partout, même si là, cela a pris ou n’a jamais quitté le moyen-âge ,,, D autre pays d’autres lieux attirent le voyageur que je suis : prendre l’avion, découvrir d’autres lieux est toujours riche. En regardant le monde, on se connait. En se regardant, on dècouvre le monde… Il y a un temps pour tout au sein de cette alternance… En chemin, le plus chouette est de se retrouver dans le dèpouilement avec D.ieu comme interlocuteur, un pote d’ici fb ; Franck H voyant mes images me disait : «tu en mets plein la gueule au crèateur »… C’est vrai : le soir, je lui parle avant de m’endormir en me repassant le film de la journée en rewind … J’ai eu un grand rêve sur la Mort l’autre nuit au petit matin… sans superstition ce n’ètait pas anodin et il est vrai que ce pays s’y prête : ces odeurs, ces scènes, cette misère ! Alors je profite au jour le jour car je ne sais pas quand mon avion va péter en vol !!! Je ne fais plus ou pas de projets à plus de 3 mois depuis des années et trois mois, c’est les grands grands projets… Bon, by ! Paris m’attend. Je m’étais promis de papoter que 15 min, en voilà 30…
A reblogué ceci sur L’âme humaine et a ajouté:
Rajouts …
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